LE SPORT QUI VENAIT DU FROID
Par Olivier PAQUEREAU

Tout a commencé dans un parking
L'histoire raconte que la pratique du floorball à Paris a débuté dans le parking de l'ambassade de Suède, situé en sous-sol. Au même moment, à Marseille et à Nantes notamment, d'autres amateurs, expatriés nordiques ou Français ayant vécu dans ces lointaines et froides contrées, s'y sont également mis. A un moment, quelques personnes avisées ont eu l'idée de réunir tout le monde. Et voilà comment la discipline a vu le jour dans notre pays.
«
Moi, j'ai séjourné deux fois en Suède pour mes études et mon service, raconte Jérôme Joaille, 28 ans, salarié dans le marketing, qui joue à l'IFK Paris.
Comme c'était un sport très répandu là -bas, il était difficile d'y échapper. Le floorball propose une activité ludique et facile d'accès mais aussi physique. Au niveau de la dépense, c'est comme si on jouait au squash. J'ai trouvé ça super sympa et prend beaucoup de plaisir à pratiquer.»
Mais, tout d'abord, qu'est-ce que le floorball ? «
C'est un sport apparenté au bandy, qui a vu le jour en Suède, explique Guy Jayme, un informaticien de 57 ans, incollable sur le sujet, qui est aussi président du club de Marseille et membre de la Commission nationale.
Le but du jeu était de créer une spécialité plus rapide, qui se pratiquait de façon ininterrompue, durant toute l'année.» Aujourd'hui, on joue au floorball sur un terrain en salle de 20 mètres sur 40, avec deux équipes de six joueurs chacun, dont un gardien de but. Une rencontre se dispute lors de trois tiers-temps de vingt minutes.
La France au Mondial C
Actuellement, la Suède et la Finlande sont les deux pays les plus toqués par la discipline. On y compte respectivement 118 000 et 34 000 licenciés. La République tchèque et la Suisse suivent, avec plus de vingt milles pratiquants. Et en France ? «
Environ cent personnes et huit clubs», annonce Guy Jayme. Sans compter les nombreuses initiations au niveau scolaire. «
C'est par les enfants que nous progresserons, poursuit-il.
Un projet avec l'USEP est en cours.»
Une fédération internationale, basée en Suède, existe avec seize membres plus des pays affiliés. Il y a un Championnat du monde tous les deux ans et une Coupe d'Europe des clubs annuelle. En revanche, point de Fédération nationale chez nous. Le floorball français est représenté par une Commission nationale sportive, qui est intégrée à l'UFOLEP (Union française des oeuvres laïques d'éducation physique).
Preuve de l'évolution de ce sport en France, une équipe nationale a été montée et a participé en 2004 au Mondial, catégorie groupe C. A l'arrivée, dans un tournoi qui réunissait sept sélections, les Bleus ont fini cinquième. Ils ont battu la Belgique (7-4), l'Espagne (4-3) et la Malaisie (7-5) et ont perdu contre le Canada (3-5). «
Nous aurions pu faire mieux et décrocher la troisième place, constate Guy Jayme.
Mais il faut savoir que certains pays sont en avance par rapport à nous. Le résultat est finalement honorable.» Le Championnat national s'est déroulé au mois de février à Nantes et à Marseille. C'est le club phocéen, le CUP, qui s'est imposé, victorieux en finale de l'IFK Paris (13-6). Besançon et Nantes ont fini aux rangs d'honneur.
Développer l'ambiance
Les structures existant, il reste maintenant à conquérir et à fidéliser un public. Au niveau des médias, le point d'orgue reste la diffusion de la finale du Championnat du monde 2004 par Eurosport. Sinon... Le floorball reste très confidentiel, y compris dans les gradins. «
Tout dépend du club qui organise, glisse Guy Jayme.
A Nantes, on a un peu de monde. Avec les jeunes, nous aurons sans doute l'occasion de faire de belles fêtes. Mais c'est vrai que personne ne nous connaît. Au ministère, ils savent à peine qui nous sommes.»
«
Mais l'ambiance, nous pouvons la créer, continue Jérôme Joaille.
Le floorball propose de nombreux intermèdes, comme au hockey sur glace, qui sont propices à ce développement. Il y a aussi le protocole, au début et à la fin de chaque match.» A Marseille, pour la finale du Championnat, une centaine de spectateurs a été recensé. A Paris, l'IFK s'entraîne dans le dix-septième arrondissement, le samedi en fin d'après-midi, avec sa trentaine de licenciés et une dizaine de curieux qui gravite autour de l'équipe. Le club parisien prépare son deuxième tournoi international qui aura lieu début mars. Encore une initiative. Le floorball français ne cesse d'en avoir.














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