LA QUESTION DU JOUR

Tony Parker disputera t-il le All Star Game le mois prochain?

sur
L'adresse email semble incorrecte !
L'édition du 6 janvier 2009
L'édition du
6 janvier 2009
est en ligne
Vous êtes ici : Accueil > Aussi > PROA

PROA

CRICKET

Dossier
Agrandir le texte Réduire le texte Imprimer la page Envoyer à un ami l'article

LA FRANCE VEUT EXISTER
Par Olivier PAQUEREAU

Discipline très populaire dans les nations du Commonwealth, le cricket reste confidentiel en France. On y trouve néanmoins une fédération et une sélection nationale, qui tente de s'imposer dans la hiérarchie européenne. Regard.
 
Un match de cricket en France. (AFP)

Le cricket en France depuis plus de cent ans

La finale de la Coupe du monde de cricket, épreuve organisée tous les quatre ans, est l'un des événements sportifs les plus médiatisés de la planète. Seuls la Coupe du monde de football, les Jeux Olympiques d'été et d'hiver et le Superbowl de football américain la devancent en terme de téléspectateurs. Il faut dire que de l'Angleterre à l'Australie, en passant par l'Inde et l'Afrique du Sud, la discipline a ses passionnés. Oui, mais en France ? Là, la situation se corse un peu. Avec humour, Olivier Dubaut, responsable du bureau France Cricket, déclare qu'il faut « beaucoup de mérite pour pratiquer le cricket chez nous».

En fait, ce sport, culturellement anglophone, existe dans l'Hexagone depuis plus de cent ans, mais n'a attiré que les communautés anglaises, indiennes ou pakistanaises pendant de nombreuses décennies. Aujourd'hui, le contexte a évolué, dans le bon sens. Une fédération existe, même si elle se partage avec ses consoeurs du base-ball et du softball. Une équipe de France a également vu le jour. Tous les deux ans, elle participe à l'Euro et, belle récompense de sa progression, elle a aussi disputé la Coupe du monde B en 2001. En 2004, on trouve près de 40 clubs pour 800 licenciés en France métropolitaine, la plupart en Ile-de-France, les autres en Provence, Aquitaine ou Pays de la Loire. Et désormais, les joueurs « franco-français» commencent à se placer et à rivaliser avec les expatriés d'Angleterre ou d'Asie. « Et puis, il y a aussi les jeunes, raconte Olivier Dubaut. Pendant longtemps, il n'y avait pas d'équipes pour eux. Désormais il existe des Championnats de France cadets et minimes. En 2003, les cadets ont même été vice-champions d'Europe de leur catégorie. De leurs côtés, les juniors visent, en ce moment, une place en Coupe du monde.» Autre point de satisfaction, le cricket français peut compter sur une pratique de masse en Nouvelle-Calédonie. Là-bas, fort de la proximité de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, on atteint environ 4 000 licenciés et une sélection participe aux Jeux du Pacifique.

«Pour s'équiper, il faut prendre l'Eurostar !»

Néanmoins, tout n'est pas simple dans le petit monde du cricket tricolore. D'abord, il y a le problème du terrain. Après le polo, il s'agit du sport qui réclame le plus vaste espace pour jouer. Et les endroits en France ne sont pas légion. Seulement sept terrains de cricket existent dans notre pays. A Paris, on y joue dans les bois de Boulogne et de Vincennes. Ailleurs... Du coup, le problème majeur est l'organisation du calendrier. Par exemple, le Gymkhana de Gonesse, champion de France en 2004, joue dans la capitale. « Mais maintenant on veut surtout réserver les terrains parisiens aux équipes de jeunes», explique Olivier Dubaut. Ensuite, qui dit match, dit public. Mais « c'est surtout un sport de pratiquants, constate le dirigeant de France Cricket. C'est difficile d'avoir un public de masse. C'est aussi un problème d'installation. Mais il y a parfois des exceptions : pour le centenaire de l'Entente cordiale, une rencontre avec des anciens internationaux et des célébrités a eu lieu à Meudon. Cela a fait venir entre 600 et 700 spectateurs.» Sinon, il y a aussi la question de l'équipement. « Les clubs se débrouillent, poursuit Olivier Dubaut. Il n'y a pas d'importateur en France. Pour s'équiper, il faut prendre l'Eurostar ! Ou bien compter sur les joueurs originaires d'Inde ou du Pakistan qui peuvent faire venir du matériel.»

Dans cet univers restreint, le cricket français suit son cours. Le Championnat de France se déroule d'avril à août avec quatre poules régionales de six équipes. En septembre, les meilleures formations jouent le titre. Au niveau international, les Bleus ont manqué leur qualification pour la Coupe du monde B qui a lieu cette année. Ils se reporteront sur l'Euro organisé en Irlande au mois de juillet. Plus quelques rencontres amicales en Belgique, Suisse, Luxembourg, ainsi que des tournois au Maroc ou à Gibraltar. Les projets d'évolution existent aussi. « Nous voulons obtenir le statut de sportif de haut niveau», clame ainsi Olivier Dubaut.

Des jeunes Français en Angleterre

La politique mise en place pour les jeunes porte également ses fruits. Ainsi deux joueurs français ont eu la chance d'intégrer une équipe anglaise, au cours de ces deux dernières années. Sulanga Hewawalandanague (20 ans), international et licencié à Evry, a joué pendant l'année 2004 à Ashmanaugh, équipe semi-professionnelle de la Norfolk Cricket League. « J'ai envoyé des CV dans de nombreux clubs pour trouver une place», raconte-t-il. Quand il parle de son expérience anglaise, le jeune Français, originaire du Sri Lanka, est enthousiaste : « Cela s'est très bien passé là-bas. J'ai même reçu un trophée, en tant que meilleur lanceur. J'ai dû revenir en France pour mes études, mais il est d'ores et déjà question que j'y retourne cette année.» Autre espoir du cricket français, Arun Ayyavooraju a, lui, passé une saison dans une école privée, à Malvern College, en 2003. « Sulanga et Arun sont deux joueurs avec un fort potentiel, analyse David Bordes, le directeur technique national. Pour la France, un joueur comme Sulanga peut vous changer le cours d'un match. Mais il est encore jeune et doit travailler. Arun, lui, a le niveau pour être professionnel. C'est un peu notre Tony Parker.» A défaut de sortir de son anonymat, le cricket français peut ainsi espérer la reconnaissance internationale de ses pairs.

BOUTIQUE

L'adresse email semble incorrecte
Cliquez-ici !Cliquez-ici !Cliquez-ici !Cliquez-ici !Cliquez-ici !